Abdel Karim, 23 ans, sans domicile fixe, a été victime d’abus physiques à l’âge de
11 ans. Douze ans plus tard, il croise l’un de ses agresseurs et décide de se venger.
Agé de 23ans, à peine, Abdel Karim a déjà un casier judiciaire très lourd : cinq antécédents judiciaires qui lui ont coûté cinq peines totalisant
trois ans et dix mois de prison ferme. Et voilà qu’il se tient pour la sixième fois dans le box des accusés à la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca, poursuivi, en état
d’arrestation, pour coups et blessures ayant entraîné infirmité permanente.
Issu d’une famille qui vit dans le besoin où la mère est presque toujours absente puisqu’elle travaille, le matin, comme femme de ménage et le reste de la journée, dans le commerce ambulant et le
père est un journalier. Abdel Karim s’est retrouvé seul. Comme pour ses cinq sœurs et frères, personne n’était là pour prendre soin d’eux et veiller
à leur scolarité. Abdel Karim a mal fini en volant la
craie de la classe puis la vendant à ses amis en payant la moitié du prix normal. Il finit par tourner
définitivement le dos à l’école. Pourquoi faire ? Se disait-il. Il passait donc son temps à se balader, à discuter avec ses copains dans la rue et à vendre la craie volée.
En 1995, à son 11ème printemps, un événement lui a complètement troublé profondément la vie. Que lui est-il arrivé ?
Il volait la craie
comme à son habitude, pendant la récréation, quand il a croisé, dans la cours de la récréation, ses deux enseignants fumeurs de joints. Ils l’ont
appelé, mais il a refusé d’obéir. Et ils l’ont attaqué, l’ont empêché de partir et l’ont tiré par la force vers un coin loin des regards, derrière la porte de la classe. Là, ils ont abusé de lui
physiquement avec un bâton qui s’est cassé puis avec un tuyau en plastique dur. Relâché dans un état
lamentable, il a décidé de ne plus retourner à l’école. Il ne savait pas quoi dire à ses parents, mais il en a décidé ainsi. Il est devenu SDF. Il s’est jeté dans le gouffre de la drogue et de
l’alcool. Il a fait la connaissance d’un autre jeune SDF et sont devenus des amis inséparables. Youssef, son aîné de deux ans, lui a appris comment voler les honnêtes gens. Depuis, Abdel Karim a
fréquenté la prison où il est retourné à plusieurs reprises. C’est ce qui lui est arrivé cette fois-ci, la sixième, mais pour un crime et non pas un délit comme les cinq dernières fois.
En mars 2007, Abdel Karim a rencontré l’un des deux enseignants, dépendants de la drogue, qui l’ont
agressé, douze ans plus tôt. Le sentiment de la vengeance devient une rage au fond de lui. Il demande alors à son ami d’inviter son ennemi à fumer un joint et de l’éloigner des regards. Sans
demander la raison, Youssef a obtempéré. L’agresseur a accepté volontiers le joint, puis l’alcool qu’on lui a offert. Il ne se souvenait plus d’Abdel karim. Ce dernier a disparu sans dire un mot
à son ami Youssef qui a continué à soûler ce monstre.
Une heure plus tard, il est revenu avec un couteau et un bâton à la main. Youssef lui a demandé ce qu’il voulait en faire. «Tu vas te taire, parce que tu ne sais rien de ce que m’a fait ce
monstre sans pitié avec un de ses amis !», lance-t-il.
En un clin d’œil, Abdel Karim s’est jeté sur son ennemi et l’a roué de coups de bâton. L'homme criait, demandait de l’aide, tentait de s’enfuir,
mais en vain. Youssef, lui, regardait la scène sans réagir.
Fracturé aux mains et aux pieds,
le monstre sans pitié ne pouvait plus se tenir debout. Abdel karim a demandé alors à son ami de partir
pour qu’il soit seul avec lui. «Tu ne te souviens pas de moi ? Je suis le jeune dont tu as abusé, il y a plus de dix ans…Je vais te faire subir la même chose, la même torture à laquelle tu m’a
condamné, toi et ton ami», a-t-il menacé.
Abdel Karim a été sans pitié, il lui a enlevé ses gants et ses bottes et a abusé de en lavant son honneur dans le sang
Découvert par des passants, le professeur a été évacué vers l’hôpital. Interrogé par la police, il leur a indiqué l’endroit où se trouvait Abdel
Karim et son ami Youssef. Ce dernier a été condamné à six mois de prison ferme pour non-assistance à personne en danger. Alors qu’Abdel Karim a écopé
de cinq ans de réclusion criminelle.



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